La crise du journal "Libération" suite..

Publié le par borneo


La crise du journal "Libération" suite..

Il y a quelques temps, je prenais connaissance d'une étude sur le web
concernant la stratégie choisie par deux magazines économiques en langue
anglaise: le Wall Street journal et Forbes.

Le Wall Street a choisi la formule du service réservé aux abonnés, Forbes est
ouvert et gratuit.

En peu de temps, le premier a vu sa visibilité sur le web s'évanouir. De moins
en moins de sites y font référence, de moins en moins de commentaires
paraissent suite à une information publiée dans cet organe de presse, de moins
en moins de liens pointent vers le site du Wall street journal.

Sans doute le modéle économique fonctionne-t-il mais du point de vue de
l'influence sur le monde économique, ce média devient chaque jour un peu plus
un fantôme.

Parallélement, Forbes qui a choisi une stratégie opposée d'accés libre voit son
influence exploser. Un article de Forbes est repris et commenté à travers le
Globe des milliers de fois, traduit pour l'essentiel dans la majorité des
langues de la planéte.

le WSJ prend pour modéle la stratégie de la superette, Forbes l'hypermarché, nous en connaissons l'issue.

Personnellement,  j'ai effacé il y a déjà longtemps de mes signets le premier
journal cité ainsi que le site d'une revue française ayant adopté une stratégie
similaire.

Le site d'El Pais équivalent espagnol de Libe que je consultai naguére trés
périodiquement a subi le même sort.

Avec la disparition de Libération en ligne pendant la gréve, je me suis rendu
compte d'une autre conséquence. Je pensai devoir m'inquieter de la disparition d'une presse"libre". Il n'en a rien été.

Il y a longtemps que je n'achétes plus ce journal qu'épisodiquement, celà car
je suis un internaute de longue date. Songez que je surfais déja avec un Oric 1
et le modem détourné d'un minitel. A l'époque, il y avait America on ligne
essentiellement et quelques BBS spécialisés.

Ce qu'apporte l'internet c'est la diversité des sources, la richesse des
analyses en provenance de tous les coins de la planéte.

En ce sens acheter tous les jours un journal, ou clicquer chaque matin sur le
même lien placé dans la barre personnelle du navigateur constitue une habitude
coupable.

Cette gréve m'a permis de m'en rendre compte. En lieu et place du surf
Pavlovien sur un site devenu vierge, j'ai durant trois jours découvert de
multiples lieux d'explorations, des voix nouvelles, africaines, marocaines,
israélliennes algérienne, canadiennes, d'autres encore en anglais ou espagnol
que j'ai la chance de comprendre.

Cette expérience constitue un révélateur, en définitive "Libération" ou "le
Monde" sont en sorte les arbres qui cachent la diversité de la foret du
web.

L'internet c'est la diversité, l'abonnement c'est l'enfermement dans la cage
des idées recues.

A ce stade, je n'ai pas encore choisi de supprimer de mes signets les liens
vers le site du Journal Liberation et de ses confréres le Figaro ou le Monde,
mais j'y songe en tant que geste de Liberté retrouvée.

Reste à considerer le modéle économique. En premier lieu, on peut considerer
que les deux modéles fonctionnent et offrent des exemples de réussite. Tant
Forbes que le Wall street journal ont semblent-ils trouvé les moyens d'être
profitables. Cependant, sur le long terme seul le second semble garantir une
certaine pérénnité, sans parler de la valeur d'une adresse électronique qui
voit passer chaque jour des millions d'internautes.

Mais si on considére le nombre d'abonnés des médias qui ont choisis cette voie
et les résultats qu'elle génére, on peut imaginer des solutions payantes
alternatives mais plus douces.

Par exemple, en réservant aux abonnés le site les 6 ou 12 premiéres heures et
en laissant ouvert a tous au contraire les archives passé ce délai.

Mais surtout en fixant l'abonnement a un bouquet "presse écrite" à une somme modeste par exemple 2€ par mois proposé aux internautes en option de leur abonnement internet tel que peuvent le proposer Free, Wanadoo ou AOL.

En prenant pour base le nombre d'abonnés aux chaines de télévision payante
(environ 18% des téléspectateurs), les journaux en ligne pourraient se partager
environ une participation de 18% des abonnés à l'internet soit environ 4 à 10
millions d'€ chaque mois. A quelque chose prés la moitié de ce que leur
rapporte l'édition papier. Mais en bénéficiant d'une diffusion et donc d'une
influence autrement plus importante que le choix d'un abonnement à 30 € servis à quelques milliers d'institutionnels.

Sous réserve que l'état de delisquecence de ces titres leur permettent encore
de séduire une proportion aussi importante d'internautes !

Publié dans Politique france

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