Les bios carburant c'est mal ! Pas si sûr

Publié le par borneo

En matière d'écologie, la polémique n'est jamais loin. La dernière en date concerne les bios-carburants. Un Lobby étrange, un lobby de fait qui associe des carpes et des lapins s'est constitué pour les combattre. On ne s'étonnera pas d'y trouver la majorité des pétroliers dés lors qu'il s'agit de la filière du bio-diesel qui peut se passer d'installations lourdes et permet de faire entrer sur le marché des carburants des coopératives de producteurs. En France, cette voie a été quasiment éliminé au profit de l'ethanol plus favorable aux vrais professionnels des hydrocarbures.


Autre activistes, les industriels de l'agro alimentaire tournés vers l'export, qui ont trouvés une oreille attentive chez les alter-mondialistes, ceux là agitent la menace de la Faim dans le monde si l'on venait à substituer à une production alimentaire une production énergétique.


Ce qui est étrange dans cette alliance, c'est que les seconds nous ont rabâchés que les subventions agricoles, les exportations subventionnées des grands pays producteur ruinaient les paysans du tiers monde et constituaient le vrai fondement de l'insuffisance alimentaire. José Bové s'affronte avec la puissante FNSEA pour réduire, lors de la renégociation européenne de la politique agricole commune, la subvention a la production pour une aide directe aux producteurs. Et certes le risque etait grand de voir le financement être détourné vers les agro-carburants, mais avec un Baril désormais a prés de 100 $, ceux ci ont trouvé sans autres aides leurs équilibre économiques.


C'est justement pour augmenter le revenu des producteurs que se sont créés les réseaux du commerce équitable comme celui de Max Havelaar.

Non seulement la revalorisation des prix agricoles permet le retour des paysans mais il leur permet de financer les indispensables engrais et matériels de travail. Un article récent paru dans le New-York Times, rapportait comment le Malawi était parvenu à juguler la famine, en ignorant les injonctions de la banque mondiale, par une politique de subventionnement et de distribution d'engrais. Bien plus, le pays nourrit désormais son  voisin le Zimbabwe, ancien grenier alimentaire de l'Afrique qui sous l'impulsion éclairée de son dictateur le triste Mugabe a démantelé les riches fermes du pays pour les redistribuer sur une base ethnique et partisane a de nouveaux exploitants sans savoir faire. En matiére agricole, effectivement, la plus grande prudence s'impose au regard des conséquences de la "mauvaise décision".


La campagne contre les agros-carburants ressemble désormais à l'évocation des maux de l'apocalypse, la famine, la désertification, car désormais la déforestation serait l'autre conséquence inévitable de cette politique.


Cela semble assez peu probable. La rentabilité des agros carburants dépend en grande partie de la proximité de la récolte des raffineries et des consommateurs. Favorable pour la reconversion des champs de betterave au Nord de Paris, les difficultés s'accumulent dés lors qu'il faut imaginer exporter au loin les engrais et acheminer en retour la récolte. Le litre de Rhum garde une valeur supérieure et pour longtemps à celui de l'ethanol. Les recherches portent d'ailleurs sur des plantes dédiées exploitants les jachères ou des terres pauvres, ainsi que les algues dans des fermes marines.


A ce stade, le bilan favorable ou non des agros carburants restent donc largement à établir. Les appels a ne pas s'engager dans cette direction sans précaution tout à fait indispensables. Le précédent de la production de Gambas ayant par exemple entrainée l'ouverture d'étangs à la mer et la salinisation de ceux ci doit rester dans nos esprits.


Il conviendra donc au minimum d'établir une règle du jeu, de définir des garde fous. Mais pour l'heure nous sommes conviés à participer plus à une guerre des Lobbies qu'à une réflexion sereine.

Personnellement, je suis à ce stade bien incapable de trancher, et vous ?

 

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Denis 16/03/2008 11:24

Un petit essai à charge contre les agro carburants a été publié en septembre 2007 chez Fayard par Fabrice Nicolino "La faim, la bagnole, le blé et nous : Une dénonciation des biocarburants". Je ne l'ai pas lu (encore) mais il me semble d'après les critiques que j'ai pu en lire qu'il évoque le bilan carbone des agrocarburants et bien sûr les problèmes qu'évoque le furieux de concurrence avec l'agriculture alimentaire et de déforestation.Plus de renseignements sur le site de la revue L'Ecologiste :http://www.ecologiste.org/contents/fr/p91.html

le furieux 13/01/2008 18:01

le pb des agro-carburant est complexe et il semble que cela pourrait être une "fausse bonne solution":oui il est positif de mettre un agrocarburant dans son reservoir plutot que du carburant fossile.-mais, pour le plein d'un 4x4 tu consomme la ressource alimentaire d'un individu pendant un an.-mais, le developpement de la canne a sucre au brésil pour produire des agrocarburants (ethanol) favorise le deforestation, favorise l'arrachage des orangers (bresil=premier producteur mondial d'orange), diminue l'agriculture alimentaire et pousse les paysans vers les metropoles (les compagnies louent les parcelles pour la culture).-mais si la planete est capable des nourrir 8 ou 9 milliards de terriens, il faudra choisir entre faire le plein et manger.-mais, la disponibilité des agro-carburants risquent de ralentir l'evolution des techniques qui nous permettront de continuer de nous deplacer avec un impact moindre sur la planete !-mais, je ne suis pas sur d'avoir raison car le probleme est vraiment global.bravo pour ton blog.Furax  

borneo 18/01/2008 07:00

En tant que non scientifique, je m'abstiens de trancher, mais comme toi, je pense qu'il convient de poser les questions.  Et la réponse ne peut  être contenu dans l'argument contraire  développé pendant des années: la nécéssaire revalorisation  du prix des matiéres premiéres agricoles  pour permettre à la paysannerie de vivre !