Le juge Burgaud en lutte contre la précarité.

Publié le par borneo

                On aura tout entendu à propos du juge Burgaud. Et effectivement son audition se sera révélée lamentable. Loin de venir devant les députés pour contribuer à la recherche de la vérité, toute la vérité dans la recherche des raisons du Fiasco judiciaire de l'affaire d'Outreau, l'homme venait en compagnie de ses deux conseils plaidait l'abscence de faute professionelle lourde.

                Comme si, étant devenu l'homme symbole de l' Erreur judiciaire, des drames qu'elle peut entrainer, vies détruites, morts de parents deséspérés, de mis en examen, le juge ne trouvait à redouter que sa possible mais improbable révocation. On eu imaginé une certaine recherche de rédemption dans cette audition, ce ne fut pas le cas. Et donc, en quelque sorte sa faiblesse servira bien l'institution.

            Evidemment, celà serait trop simple. Encore que. (je sais l'expression est prohibée) Du "populaire" juge Pascal au petit juge Lambert de l'affaire Villemin, la personnalité du magistrat a toujours constituée le facteur aggravant d'une Justice en petite tenue.
           
            L'une des raisons fondamentales  que personne jusqu'ici ne s'est permis de souligner réside dans le mode de recrutement des serviteurs de l'état.
            Nous avons là des candidats fonctionnaires, qui preparent et présentent de multiples concours : concours de recrutement de fonctionnaires des Douanes, concours de recrutement de fonctionnaires de Police, concours d'entrée à l'école des fonctionnaires magistrats, concours de recrutement de fonctionnaires enseignants et j'oublie la Poste et EDF.
            La vocation de ces hommes là tient au statut. La chance, une bonne nuit de sommeil avant l'examen décidera en définitive de leur destin. Magistrat, Douanier, Enseignant ou naguére Receveur des postes ou Chef de Gare. Le juge Burgaud aurait pu aussi bien finir Comptable au trésor public.
            Pour ce faire, ici, point d'entretien avec des chasseurs de tête, de profil psychologique, ou d'hasardeuses études graphologiques, point non plus de période probatoire : Le succés au concours assure la rente professionelle à vie.
            Le respect des supérieurs et la ponctualité fourniront l'essentiel de la note, assortie de l'évaluation syndicale.

            Et c'est bien ce que le juge semblait vouloir défendre ici. On ne peut pas me révoquer. Je me suis comporté en bon fonctionnaire magistrat, un point c'est tout. Cet homme là ne se sent pas de profiter de cette exceptionnelle opportunité pour courrir aprés sa vocation primale si par extraordinaire il en avait une, chasseur de papillons dans les chutes du Zambéze, Berger en Ariége, négociant de cacahuétes au Sénégal.
             Non sauver son intégrité consiste à sauver son statut. Au moins le Juge Lambert avait su s'evader.
             Le statut de magistrat comporte l'irresponsabilité du juge. La démonstration est probante

            Le juge Burgaud est en lutte contre la précarité.
           
            Et bien, disons le tout net, le CPE qui donne du temps à l'employeur, au jeune salarié pour vérifier qu'ils sont bien fait pour collaborer enssemble, devrait être la régle générale étendue à la fonction publique.
           
            Le concours ne devrait ouvrir qu'à une période probatoire de deux ans permettant de vérifier les aptitudes, les motivations, la vocation du candidat à devenir fonctionnaire magistrat, fonctionnaire à l'équipement, fonctionnaire enseignant. Nous éviterions d'avoir à multiplier les placards.
            Enfin la mobilité d'une administration à l'autre est de toute évidence un impératif, afin de palier les erreurs d'aiguillage.
            Pour ce qui est des réformes de fond de la Justice je fais confiance, suivant l'expression consacrée, aux représentants légitimes du Peuple français que sont nos députés. Depuis 1972,  date de l'affaire de Bruay en Artois, la réflexion de nos élus sera sans doute parvenu à maturité
           

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borneo 18/02/2006 09:13

Merci pour vos commentaires.On se rend compte qu'habitués au secret des cabinets, les pouvoirs ont du mal à se confronter à la Glasnost qu'apporte l'internet et les blogs.Nous avons réussi à rendre les travaux de cette commission en partie publique, contre son gré. C'est une victoire qui n'est pas mince.C'est pourtant irréversible.

honorius 14/02/2006 23:12

lamentable, c'est le mot... quand à la maturité de nos députés !!!! Amitiés

gentle13 10/02/2006 19:30

Excellent jugement sur une cette affaire "sordide" qui à touché à l'honorabilité de certaines personnes. Il faut revoir la justice et la magistrature dans son ensemble. Une seule personne pour ce genre de procès n'est pas suffisant, on aurait du former un collège de juge et de magistrat ayant la sagesse et la maturité nécessaire. Alors que là tout a reposer sur les bras d'un seul juge qui à mon sens a été dépassé par l'ampleur du drame. Maintenant il faut tirer les leçons d'un tel scandale judiciaire pour que plus jamais nous assistions encore à ça, et le pire c'est que personne ne peut être à l'abri!
Amicalement
Gentle 13

Poypoye 09/02/2006 15:44

Bravo et merci pour ton blog très intéressant et riche de contenu.Bonne suite