La drôle de guerre de l'énergie

Publié le par borneo


Warren Buffet, le multi milliardaire qui n'investit que dans l'économie réelle, entendez les entreprises qui produisent des biens et des services mesurables nous prédit une crise économique, une récéssion longue.

Encore sous le choc de l'explosion de la bulle immobiliére et de son financement par les crédits sans garanties, nous entrons de plein pied dans la crise énergétique. Les peuples qui y voient le signe de la mauvaise gouvernance n'entendent pas se laisser plumer plus avant.
L'emeute menace.
Les politiciens les plus aguerris comme Hilary Clinton ou Nicolas Sarkosy promettent donc la levée des taxes au bon peuple de travailleurs, marins, routiers, boulangers, cols bleus en route pour l'usine.
Oubliant que ces baisses de prix entretenant la consommation, entraineront inévitablement la hausse des cours, ils ne feront que transvaser le produit financier des caisses de l'etat vers les profits des compagnies pétroliéres et le trésor des pays producteurs.

La compagnie Exon Mobil a dépensée plus de 6 milliards de $ dans l a derniére décennie nous apprennent les actionnaires minoritaires en Lobbying et dans le financement d'études pour combattre la théorie du réchauffement climatique. Elle se refuse par ailleurs à investir dans les énergies nouvelles, à une exception prés: le rachat des brevets et licences de General motors dans la conception des batteries de la voiture électique Volta, pour ne pas les exploiter !

Nos gouvernants ont pour principaux conseillers dans le domaine énergétique les anciens ou futurs collaborateurs des industriels de la filiére pétroliére (et nucléaire en France) de sorte qu'ils se laissent aveugler facilement.

Pourtant, le pétrole est facilement substituable dans la plupart de ses usages. Il n'en va pas de même pour les matiéres premiéres, les métaux par exemple.

Ainsi, la seule décision politique des chefs de gouvernements des pays riches de proscrire l'usage du pétrole dans les transports dans les quinze ans suffirait à faire rechuter la fiévre des cours. Mais c'est cette fiévre elle-même qui incite les investisseurs à regarder du côté des énergies nouvelles !

Renoncer à circuler dans un véhicule 4*4 de 2 tonnes au profit d'une voiture électrique de 500 kgs ne peut affecter que l'Ego ne nos bobos ! Ces voitures existent, ne demandent qu'à être produites, Bolloré, l'ami du président a même financer le développement de l'une d'elle, mais Renault et Peugeot nous ont présentés cette année de nouveaux 4*4.

Les moteurs des bateaux et des poids lourds sont quant à eux les plus modifiables. Si sur une voiture, l'encombrement d'un moteur à hydrogéne pose probléme, il est insignifiant pour un 35 tonnes. On peut de même recourir au gaz, la question des réservoirs est là aussi sans objet, pourquoi pas le méthane qu'il vaudrait mieux bruler que de le relacher dans l'atmosphére ou il contribue au réchauffement climatique.

Paradoxalement, la grande peur des producteurs d'énergie n'est pas son prix ou sa rareté mais sa possible abondance à un prix dérisoire ! Le soleil, le vent, la marée, la géothermie, les pompes à chaleur, la bio masse, le méthane,les compresseurs, les économies d'énergie, offrent tant d'alternatives que le cours élevé du pétrole est sans doute attribuable à la peur de trop le faire baisser, de tuer ainsi la poule aux oeufs d'or (noir) et de condamner par ailleurs les investissements indispensables au changement de cap.

Nous sommes donc dans cette drôle de guerre de l'énergie, nul ne sait si elle aura bien lieu, nul ne connait encore ses adversaires mais les fournisseurs aux armées font le siége des etats majors !

La décision politique peut seule résoudre le probléme, désolé amis libéraux, notamment en déclarant les brevets dans le domaine, unniversellement exploitables, moyennant le paiement de royalties équitables, afin de liberer une production que de nombreux acteurs s'efforcent de bloquer.

Interdire dés à présent dans une échéance à quinze ans la voiture particuliére à moteur à explosion dans nos villes avec institution d'un péage progressif d'ici là, imposer immédiattement l'usage du moteur électique pour les bus et taxis afin de convaincre le monde de la Finance de la volonté des politiques de maitriser l'avenir constitue donc la seule solution réaliste.

Cependant les Etats ont basé une partie importante de leur fiscalité sur la taxation de l'énergie, ainsi explique t-on l'interdiction faite de recycler l'huile de friture dans nos réservoirs. La proposition du président de réduire la tva pour démagogique qu'elle puisse paraitre (et inefficace) présente l'intérét de proposer la liberté de la production d'énergie face à l'impôt, encore convient-il d'en exclure le seul pétrole !

Reste qu'un champ de spéculations vient toujours se substituer à un autre, la question des matiéres premiéres est autrement préoccupante.   

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Wawan 30/05/2008 17:01

Bravo pour cet article, c'est vrai qu'il reste pas mal de boulot !En ce qui concerne la grêve des pêcheurs à cause de la hausse du gazole, j'ai publié un article sur ce sujet : Pourquoi pas des bateaux à motorisation hybride, en attendant des moteurs électriques ? Les pêcheurs ne sont-ils pas en plus parmi les premier concernés par le réchauffement climatique et ses impacts néagtifs sur la biodiversité des espèces ?