Jésus, la purification, le Temple de Jérusalem et l'Apocalypste sur Arte

Publié le par borneo

J'ai regardé l'émission intitulé l'Apocalypse qui fait le point sur l'évolution du christianisme et sa divergence d'avec le judaïsme.

Il me semble qu'un point tout a fait essentiel est quasiment passer sous silence dans l'évolution du christianisme vers sa position de religion officielle de l'empire romain.

C'est tout simplement le contexte historique.


La question de l'occupation romaine est tout a fait centrale puisqu'elle demeure posée trés clairement dans l'Islam quelques 6 siécles plus tard. Dans une certaine mesure, il m'apparait que ce dernier est souvent plus proche de la revendication des premiers chrétiens que le catholiscisme lui-même. Et on remarque qu'il trouve son expanssion naturelle dans les territoires ou l'arianisme avait prospéré. Car l'Islam abolit le monopole des rites de purification et l'accorde à tous les officiants, mais il accorde aussi la libertè religieuse quand Rome vient d'y renoncer.

La question qui apparait essentielle aux théologiens, celle de la nature de Jésus, Dieu fait homme parmi les hommes ou "envoyé" ne semble pas être centrale dans le début du christianisme. Mais au contraire celle de la légitimité.

Légitimité du Temple, Legitimité de la collaboration, Légitimité de la résistance .

Ces questions générent des "fractions" aussi bien politiques que religieuses dans le judaisme. On voit Pierre tirer, dans l'évangile, son épée, ce qui indique quand même que nous avons à faire à des charpentiers (sans doute de marine) ou des pêcheurs de classe aristocratique au sein même du monde juif.

 D'ailleurs comment Paul, citoyen romain pourrait-il devenir une personnalité rapidement si influente s'il n'avait pas une certaine proximité de conditions sociales avec la base première des chrétiens. Finalement l'action se situe autour du lac de Tibériade, sur les rives du Jourdain. La présence romaine en définitive sécurise le commerce par bateaux, dynamise l'activitée. Mais du fait des pratiques religieuses, tout les troupeaux amenés par bateau mais sans doute aussi le produit de la pêche  doivent passer par le Temple qui a le monopole des  cérémonies de purification.


La phrase rend a César ce qui est César est à Dieu ce qui est à Dieu nous indique que la contestation chrétienne n'est pas dirigée contre l'occupant mais bien contre la légitimité du grand prêtre. Si Pilate avait considéré Jésus comme un résistant à n'en point douter il aurait exigé qu'il lui fut livré au lieu de s'en laver les mains.
L'épisode qui nous raconte l'expulsion des marchands du Temple par Jésus démontre bien que la contestation "chrétienne" est interne au monde juif. La contestation orthodoxe juive est au contraire anti romaine. Ces marchands du Temple que vendent-ils ? Dans les Temples paîens, ils revendent la viande des sacrifices et les Offrandes des pélerins. Au Temple Juif, ils commercialisent ou servent d'intermédiaires pour la nourriture Kasher, purifiée et notamment surtout la viande.
Les romains ont en effet amenés avec eux la liberté religieuse. Non seulement ils érigent des temples aux Dieux Gréco-romains traditionnels mais ils tolérent la plupart des cultes, rien d'étonnant à celà dans la mesure ou plus on avance dans l'Histoire plus les légions sont composées d'ethnies diverses. Avec la liberté religieuse disparait l'impôt religieux. Seul l'impôt du aux romains demeure.

Tout l'enseignement du Christ semble tenir autour de la nourriture que l'on considère la multiplication des pains et des poissons, la manne du désert, les noces de Cana, ou la Cène ou le Christ bénit le pain. Mais justement ces relations laissent entrevoir une société aisée avec ses servantes et ses mendiants à sa porte. L'ouverture aux non juifs trahit des relations commerciales avec l'extérieur.


Si on compare la Mosquée et l'église chrétienne, on voit tout de suite deux différences essentielles qui résument assez bien le débat. Ne sont autorisés dans la Mosquée que les seuls musulmans comme ne pouvaient pénétrer dans le Temple que les seuls juifs. Les "chrétiens" admettent les catéchumènes. La mosquée n'est pas un Temple mais une salle de prière en réalité: il ne peut y avoir qu'un seul Temple, celui de Jerusalem. Elle ne comporte pas la Table, l'autel du sacrifice au contraire de l'église chrétienne. De la même façon la synagogue demeure un lieu de prière mais n'est pas le Temple.
L'une des grandes activités des officiants religieux outre l'enseignement réside dans les rites de purification. Le renouveau des pratiques juives et de l'Islam amènent sur nos rayons des produits Kasher ou Halal.

D'une certaine façon, ces juifs "chrétiens" attendent des romains la liberté religieuse contre le monopole du Temple, c'est à dire de pouvoir eux-mêmes procéder aux purifications rituelles.

Ce que les juifs résistants aux romains contestent c'est que tout autre Temple que celui de Jérusalem puisse être érigé en terre d'Israél et que l'on puisse consommer ainsi des aliments impurs.

 Les empeureurs soutiennent et construisent des temples car ils y sont  intéréssés financièrement. C'est pourquoi les premiers chrétiens subiront leurs foudres.
 
 Quelle est donc la date de naissance du christianisme ? Au premier autel consacré dans un lieu de prières convient-il de répondre sans doute.
 
 C'est à mon sens la présence de l'autel du sacrifice dans l'église qui fini par donner à Jésus sa nature divine et non l'inverse. Et ceci est l'aboutissement du processus qui remet en cause fondamentalement la définition du pur et de l'impur, obsession des religions juives et musulmanes. Dans le christianisme la question de l'impureté demeure certes lorsqu'on évoque la femme et la question de la sexualité, mais le baptème et le sacrifice du Christ ont définitivement purifié l'homme et donc les pretres n'interviennent plus pour purifier la nourriture produites par les baptisés. et ceux ci peuvent revendiquer de  consommer sans sacrilège la production qui n'a pas été présentée au Temple et iront même jusqu'à refuser de consommer tout ce qui est passée par les Temples paiens évidemment mais sans doute par le Temple juif lui-même.

La deuxième naissance du Christianisme est l'apparition de l'iconographie. Celle çi marque la reconnaissance du salut par le sacrifice du Christ. Désormais l'image ne représente donc plus un être impur.

 Le christianisme est une religion d'emblée acquise à la globalisation.

Publié dans religion

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borneo 10/03/2009 09:48

Franchement, je suis bien incapable de fonder mon hypothése sur des textes. Je ne suis ni historien ni théologien. J'ai exprimé le sentiment que le milieu social du Christ était sans doute bien plus élevé que ne l'avoue l'interprétation officielle. Quand Pierre lève son épée lors de l'arrestation, ce n'est le geste d'un pauvre pêcheur.De même, le voyage vers Béthlhém de Marie et Joseph, ils possédent un ane, s'arrêtent à l'auberge, démontrent une certaine aisance.La présentation au Temple, la maitrise des écritures par l'enfant-Jésus, encore un indice d'une éducation "bourgeoise", pour le moins.Enfin l'ouverture vers des non juifs du groupe chrétien, Paul en est l'exemple, montre une communauté que certains dénonceraient aujourd'hui comme cosmopolite, j'en déduis un milieu ouvert dans le commerce et les échanges.La querelle religieuse, la justification des sacrifices, la question de la purification que Jean résoud par le Baptème, doit à mon sens se doubler d'une contestation économique du monopole dont bénéficie LE TEMPLE.Mais je l'avoue humblement, je n'ai strictement rien pour étayer mon propos.

jpcc 23/02/2009 10:35

Je profite de cet échange très intéressant pour poser une question sur  laquelle je n'arrive pas à trouver de références de lecture: Je bute sur le paradoxe suivant: c'est vraisemblablement par ce scandale des marchands du Temple que Jésus a signé son arrêt de mort. Or cette activité des marchands du temple n'avait rien de scandaleux en soi, elle n'était que l'intendance nécessaire du fonctionnement du Temple, lieu unique de l'activité , ô combien intense, des sacrifices. Une interprétation à la hauteur de la sanction encourue, la mort , pourrait être la condamnation par le Christ, sous le prétexte des marchands, en fait de l'activité sacrificielle elle-même. Mais ce serait me semble-t-il une interprétation tendancieuse, très éloignée du récit que les Evangiles font de l'épisode. Toute réponse ou réaction m'intéresse. Merci

borneo 26/12/2008 04:20

Cher Naïko, brièvement cette fois, car il faudra sans doute que j'y consacre un nouvel article. L'un des reproches des musulmans aux chrétiens comme vous le soulignez est le "polythéisme" chrètien père fils et Saint Esprit. Observez ensuite les pratiques chiites des flagellants que l'on retrouve dans la "Sanche" en terre ariene wisigothique. La mortification du corps va de pair avec cette incompréhension dont nous parlions. A la limite elles sont proprement hérétiques. Quand on connait la place de l'Opus Dei dans l'Eglise actuelle, c'est un peu gag. Une autre observation, outre le côtè gréco juif du christianisme on se doit d'observer son aspect "Celte". Déjà les légions romaines sont composés de gaulois. Constantin est gèneral des lègions "britons" quand lui-même est illyrien. Il hésitera constamment entre ces deux interprétations du christianisme, l'arienne et la "Greco-celte". Le Celtisme qui est proprement "minéral" et "aquatique". Au centre la question pur/impur, la question des sacrifices animaux (voire encore humain dans certaines cryptes sans doute) et bien sûr le sacrifice du Christ comme rachat/purification une fois pour toute.Bon ben on y reviendra un de ces jours.  Bonnes fêtes

naiko 24/12/2008 18:37

Mais cette constatation que vous faites Bornéo, c'est déjà un pas gigantesque. Je ne l'ai lue nulle part jusqu'à présent, en tout cas sous cette forme, un peu abrupte je vous l'avoue, du lien rejet de la divinité /pur/impur. Sous la forme unicité de la divinité de Dieu, oui bien sûr. Mais cet attribut de la "divinité"accolé à Jésus, c'est vraiment la formulation de tous les dangers. Dangers de faux sens, de mésinterprétation...Qui s'attire les foudres des monothéistes "purs et durs".

borneo 24/12/2008 16:22

BonjourSi j'avance dans ce sens de l'évolution vers la divinité du Christ, c'est qu'il est simple de constater que c'est parmi ceux qui respectent des interdits liès à cette notion de pur-impur qu'elle est absolument rejetée. Pour moi c'est un constat qui peut absolument être discuté d'autant plus que je n'ai pas grande autorité en la matière et non un parti pris, ni même d'un certain point une opinion personnelle.