Sarko et les bleus ou qui fait bruler les quartiers

Publié le par borneo

Depuis nos lointaines campagnes, il est assez difficile de se faire une opinion sur les événements des quartiers, ces révoltes populaires qui par deux fois ont enflammées la France. Ségoléne Royal dans ses réunions en impute comme beaucoup à gauche la responsabilité au ministre de l'intérieur, mais on est tenté de dire : trop facile !

Et bien, pour notre part, nous venons, de façon détournée, d'en comprendre le mécanisme.
ce n'est qu' une anecdote et pourtant, elle trouve en définitive sa place sur ce blog.

La petite station balnéaire ou nous vivons se voit doter chaque été d'une brigade de gendarmes saisonniers. Du temps du gouvernement de Lionel Jospin, leur action réflétait assez bien la politique du ministre d'alors, Daniel Vaillant.

Il y a deux techniques de controle d'une population. L'insertion, pour y baigner comme un poisson dans l'eau, à l'image des combattants révolutionnaires ou le controle par check point.

                Jusqu'à trés récemment, la premiére technique  était celle  en vigueur.  A leur arrivée,  qui précéde  de quelques jours celle des vrais touristes, nos  gendarmes saisonniers faisaient  le tour  des commerçants  et des résidents permanents.  En bon ilotiers, ils se présentaient et distribuaient un prospectus donnant des conseils utiles , les horaires du poste de garde, voire des baignades surveillées , receuillaient les doléances en matiére de sécurité, mettaient chacun en garde contre le bruit tardif et la conduite en état d'alcoolémie.
             Le changement de  stratégie est devenu patent au fil des ans. Il y a peu, Un commandant de cet effectif saisonnier devait nous dire qu'ils leur étaient fortement déconseillé par la hiérarchie de se mélanger à la population et qu'ils leur étaient suggérer ainsi, s'ils souhaitaient aller au restaurant, de ne point le faire dans la commune d'intervention mais quelques 30 kms plus loin, dans une autre station.  Notre homme se gardait bien de suivre cet avis, et au contraire honora avec femme et enfants la plupart des tables de notre petite station.
             Mais bon, cet année, l'équipe semble au diapason des nouvelles instructions. A leur arrivée, point de tournée des foyers ou de missions d'insertion, NON, des cheks points à l'entrée et à la sortie de la petite agglomération, avec patrouilles déterminées dans l'artére centrale. Comme les touristes n'arriveront en masse qu'autour du week-end du 14 Juillet, c'est la population locale qui vivait bien paisiblement jusque là qui bénéficie de la fébrilité de nos militaires. Les controles sont permanents et les contre danses pleuvent. Qui décharge sa marchandise charge pour stationnement abusif, qui a omis de présenter son véhicule au contrôle technique se voit intimer l'ordre de le faire sur le champ. Tout nos petits délits quotidiens auront été en peu de temps relevés.
             Les artisans dépanneurs et les fournisseurs ne sont pas les derniers concernés. Les saisonniers qui naviguent entre les adresses aléatoires d' une saison d'hiver, et d'une saison d'été, une ville d'origine avec souvent peu d'attaches et un séjour prolongé a Bali ont intérêt de se souvenir de l'adresse de la carte grise de leur véhicule.

                 Ce zéle pré opératoire présageait en effet assez bien de l'action à venir dont nous venons de gouter les prémisses .

                 Dimanche, enfin les premiers touristes sont arrivés et certains ont choisis de rester dans les établissements de restauration le soir du match pour le regarder collectivement sur les écrans installés un peu partout par les professionels. Munis de leur petit drapeau , leurs enfants tout fringant dans leur tee-shirt frappé du numéro 10, ils ont avec nous suivis cette tragédie jusqu'au pénalty fatal.

                Vous avez pu lire que le ministre de l'intérieur avait mobilisé plus de 12 000 membres des forces de l'ordre pour prévenir les débordements. Notre brigade faisait parti du dispositif. Dans la demi-heure qui suivait la fin du Match, les CHECK-POINTS étaient établis et les controles anti-alcoolémie systématiques pouvaient commencés.

                   Nous devions ce soir là, comme sans doute tous  les  soirs à venir  faire partie du lot. Nous ne pouvons regagner en effet notre domicile sans traverser un voir deux des barrages policiers. Mon épouse au volant est donc invité à soufler dans le ballon. Ce qu'elle fait, aprés s'être néanmoins inquiétée de voir se déploiement se renouveler tout l'été et retrancher de nos faibles heures de sommeil le délai supplémentaire de ces formalités répétées. J'avais la veille bénéficiait de la même attention.

                   Le gendarme doit constater un résultat négatif, quoique un peu "jaune", sans doute du à un verre de 8 cl de sangria, qui n'est jamais qu'un peu de vin dilué dans le jus d'orange. Mais mon épouse suce un bonbon, à la menthe, qui lui permet de "tenir" sans fumer dans la voiture. Oh celà sent étrange dit le pandore, je dois vous controler plus sérieusement, je vous emméne au poste,  crachez votre sucrerie.
                   Ceci semble accréditer ce que je tenais jusque là pour un Hoax, que certains bonbons mentholées pertuberaient le fonctionnement du ballon. Ne conservez donc que vos friandises à la fraise dans votre voiture sous peine d'apparaitre fortement suspect aux yeux du militaire. Désormais le menthol évoque l'alcolo comme le patchouli le fumeur de cannabis.

                   Me voilà donc avec notre fille, confinés dans la voiture, comme l'ordre nous en a été intimé, à attendre le retour  de notre  mére et  compagne.  Ne la voyant pas revenir, je décide  de descendre du véhicule et de me rendre au poste pour m'enquérir de ce long délai. Mais les gendarmes s'interposent et tentent de me barrer la route du poste. Je leur répond que j'entends m'informer des raisons de cette attente prolongée qu'un contrôle négatif ne saurait justifier. Et j'ajoute exaspéré qu'un contrôle de cette nature le soir de ce match historique me parait peu sympathique et franchement déplacé. Que n'ais je dis ! Me voilà sermoner sur les dangers de l'alcool au volant. Pour ma part, je prétends que les familles qui se sont rendus au Centre ville ne sont point venues s'y arsouiller mais participer à un 14 Juillet précoce et que si des contrôles sont nécéssaires, ils devaient assurément débuter plus tard dans la nuit pour viser les auteurs visibles d'excés.

                   Et mon épouse qui ne revient toujours pas, et la maréchaussé qui prétend que la contestation de son action constitue un manque de respect a leur uniforme, quand j'entends la qualifier de liberté d'expression d'opinion du citoyen. Parmi les pandores, l'un est plus particuliérement excité et comme je lui indique que selon moi, il est en train de perdre son sang froid, il se présente à moi comme le commandant de la brigade permanente , me déclare que mes propos constituent une allégation sur sa sobriété et qu'il va m'embarquer pour Outrage a agent. Il m'indique qu'il va s'occuper de moi de façon personnelle au cours de l'année qui vient puisque je suis un résident permanent de sa circonscription. Ses collégues tentent de calmer le jeu et me demandent de retourner au véhicule. Ce a quoi, je consens. Comme je viens de tourner les talons, l'homme en colére ne peut se résoudre à me voir partir sans m'avoir coller au préalable un motif bien senti. Il se précipite avec un collégue, me saisisent par derriére de maniére assez violente. Par chance, des commercants connus se trouvent présents qui regagnent eux aussi leur foyer. Je fais appel a leur témoignage, mes agresseurs me relachent.

                Mes sauveteurs prennent en charge ma fille en pleurs, et font le siége du poste de police pour s'inquiéter du sort de mon épouse.

                En définitive, mon épouse est relachée, aprés avoir été invité  a soufler dans l'ethylométre  du poste  six fois consécutivement, alors que  le gendarme lui confie  que la législation  n'autorise que deux essais, mais "c'est pour vous éviter la prise de sang qui nous obligeraient à vous garder toute la nuit !" Malgré ses nombreuses manipulations, l'homme ne parviendra pas à obtenir de l'appareil autre chose qu'un constat négatif d'alcoolémie. Tandis qu'elle sort, je rentre à mon tour dans le poste pour une conversation avec le commandant "saisonnier", nettement plus maitre de lui.

                Voilà, toute l'histoire. J'extrapole sans doute, mais je n'ose imaginer cette scéne transposée dans une cité avec des acteurs de couleurs. Je n'ose imaginer cette politique de Checks points que nous allons subir deux mois, perdurant tout au long de l'année, sans supputer une exsaspération croissante de la population.
                J'ai aussi une pensée pour le peuple palestinien qui vit de maniére permanente entre les checks points d'une armée étrangére.

                Ah au fait, je suis convoqué au poste permanent, celui de l'adjudant à l'année qui s'est promis de se payer notre tête, affaire personelle, si ce blog s'interrompt, c'est qu'il aura réussi peut-être à me coller le fameux "Outrage".

                Peut-être vais je découvrir le systéme carcéral dont nous parle Guy Birenbaum dans le billet de ce jour.

                Wait and See.

               
    

Publié dans Politique france

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