Vote identitaire

Publié le par borneo

A parcourir les différents Forum, à lire Etienne Chouard, on comprend mieux la nature du NON de gauche.
Il s'agit d'un vote identitaire et donc par nature en rien différent d'un vote NON issu du Front national.

Après l'échec traumatisant d'une gauche qui pensait pourtant avoir réussi son examen sous le gouvernement Jospin, au point de se présenter devant l'électeur sur son Bilan, l'homme et la femme de gauche, après une période de culpabilisation bien compréhensible se retrouvent  en quête d'identité.

Tâche ingrate car quasi impossible depuis cinquante ans. L'identité raciale s'est effondré avec le Nazisme, l'identité nationale avec le colonialisme, l'identité religieuse avec Vatican 2 (quand les catholiques la mettent en veilleuse, les autres religions aussi ) et la laïcité triomphante, l'identité révolutionnaire avec le communisme.
L'identité régionale, dans un état jacobin qui autorise 11 nouvelles chaînes de télévision, mais pas une seule au service de la région ne subsiste que marginalement dans notre pays.

Depuis que les clubs sportifs professionnels sont animés par des mercenaires venus de tout horizon, l'identité  villeageoise est elle aussi  en perdition et tient plus à l'existence de groupes de supporters qu'à l'exploit d'un enfant du pays. Reste des prés carrés au niveau d'un quartier que l'on tente de préserver de tout envahisseur, voisins y compris.
Or l'identité d'un individu, ce sont ses racines. On le voit avec l'islam qui revient en force, dans une version "authentique" pinailleuse du texte chez des immigrés du Magrheb qui avait pris pourtant  le tournant de la laïcité depuis plus de 20 ans.

Cette Europe au contour flou, sans symbole fort, lointaine, qui pérénise une société de consommation ou les seules valeurs individuelles sont prises en compte n'a pas su créer d'identité communautaire nouvelle. Le téléthon est resté français, on a cotisé pour le Tsunami à l'échelle nationale.

C'est donc vers cette identité militante que se sont tournés beaucoup de nos concitoyens. Celà s'est traduit tout au long de ces journées de campagne sur la définition de ce qu'était "la vrai gauche". La Constitution s'est trouvée interpeller dans ses moindres virgules sur le Divorce, l'avortement, le droit au travail, l'égalité hommes femmes, la laïcité, la peine de mort, la question sociale.
 Et chaque nuance issue d'une rédaction à 27 mains est apparue comme un reniement identitaire. De plus, comme Sartre se taisant pour ne pas se couper du Parti, arbitre des élégances en matiére d'authenticité prolétarienne, beaucoup ont ressenti la rupture de la Gauche sur la question européenne comme intolérable. Dés lors est né un NON de gauche européen, certes absurde, mais qui préserve l'essentiel la valeur "Gauche unitaire".
Malheureusement, la revendication identitaire "de gauche" ne concerne que les militants et sympathisants. Au café du coin, toutes les affirmations identitaires abondonnées naguére resurgissent, il suffit de tendre l'oreille. Des vannes ont été ouvertes, des mots interdits ne sont plus prohibés.

Un phénoméne paralléle s'est dessiné à droite et le Vicomte aura fait salle comble.

De grandes déconvenues sont à en attendre.

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