Démocratie et corruption

Publié le par borneo


                Alain Juppé se représente donc à Bordeaux. Et selon tous les sondages devraient repasser sans grandes difficultés.  Balkany, de retour du banc d'infamie, retrouva lui aussi sa mairie sans dommage. Le président Chirac achéve son deuxiéme mandat à l'Elysée aprés avoir battu un concurrent socialiste sans tache. Alain Carignon est de retour en politique à grenoble.
Il semble que dans ce pays, la corruption ne constitue pas un critére de vote pour l'électeur.
Au Brésil non plus qui voit Lulla caracoler en tête malgré une succession d'imputations touchant le Parti des travailleurs et son propre entourage.

Comment l'expliquer ?

                En premier lieu, l'électeur n'est pas convaincu de la probité des adversaires.  Ce peut-être la cas  en Gironde  ou l'ancien premier ministre s'était fait élire naguére président de la communauté urbaine, bien que minoritaire, par la grace d'un scrutin à bulletins secrets qui avaient permis à trois de ses opposants de voter pour lui. A la suite de quelles compromissions ? Le dégout de telles pratiques conduit les citoyens les plus sensibles à l'abstention. Ne se déplacent aux urnes que les autres.

                En second lieu, parce que l'électeur attend de son élu en premier lieu des passe droits pour lui-même : Logement HLM, emploi réservé, intervention pour l'obtention d'une penssion, d'une médaille, voire prosaïquement l'effacement d'une contravention, celà pour le citoyen ordinaire.

Les acteurs économiques ont bien d'autres exigences.

                L'élu corrompu est attentif à cette clientéle là et sait entretenir plus que d'autres son réseau d'obligés.

                Le pouvoir apparait au citoyen comme une farce, une représentation  qui  lui  est jouée tandis  qu'il n'est pas dupe  des intéréts économiques qui s'affrontent  en toile de fond. Finalement le politique mis en cause ressemble à ces sportifs ouvertement soupçonnés de dopâge et que les foules continuent d'aplaudir. Ce serait un gage de compétence de se révéler aussi "malin" que les autres.

                   Les chevaliers blancs sont rapidement répudiés et  le repentir jamais pardonné. Bien au contraire.

                   C'est que en derniére analyse, l'élu mis en cause peut s'appuyer sur un phénoméne désormais bien analysé: la victimisation. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, tout notre environnement éducatif nous a conditionnés à nous pencher sur le sort des victimes : victimes du régime nazi, victimes de la colonisation, victimes du communisme. Les grandes catastrophes naturelles: Tsunami, tremblement de terre, les épidémies que nous ne maitrisons pas, le SIDA, le CANCER, générent aussi leurs lots de victimes qui constituent autant d'appel à l'action. Il apparait que l'existence de victimes, seule, peut légitimer,  moraliser  nos actes.

                   En se posant en victime de la Justice, de ses adversaires politiques, l'élu suspect obtient assez facilement notre indulgence car chacun au fond de soi décéle une victime. C'est un phénoméne proche du syndrome de Stockholm qui voit l'otage s'éprendre de son ravisseur car ils ont partagés le même sort, la même angoisse, celle de l'issu de l'assaut des forces de Police.

Publié dans Politique france

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