L'alternance impossible

Publié le par borneo

                 
 















photo Robby Garbett CC http://flickr.com/photos/lawntffoto/


                    La campagne en vue de l'élection présidentielle continue son train train
comme si ne rien n'était. Comme si les conditions de l'élection n'avaient pas été radicalement modifiés par le score du Front national.
De même en Flandre ou les 33% du Vlam Blok obligent ses adversaires des libéraux aux socialistes a faire alliance.
En Italie, Romano Prodi a du réaliser une coalition allant de l'extréme gauche à la démocratie chrétienne pour venir a bout in fine de Silvio Berlusconi.

Mais en France, Le bourgeois (gentilhomme) révolutionnaire Fabius menace quiconque oserait au sein du PS discuter avec le Centre et son leader François Bayrou.
La vrai gauche que veut incarner Besancenot prétend ne pas pouvoir gouverner avec un parti aussi libéral que le parti socialiste.

Tous pourtant de dénoncer Nicolas Sarkosy comme un clone de Le Pen. Si celà est vrai, alors les électeurs de l'extréme droite ne devrait pas rejeter la main tendue du deuxiéme tour. Marinne Le Pen a démontré qu'elle était favorable a cette combinaison. Et Berlusconi n'avait pas hésité a inclure la petite fille du DUCE dans son camp.

Même dans le cas, ou le candidat de gauche parviendrait à gagner sa présence au deuxiéme tour, sa victoire passe par une mobilisation de tous. Du centre à l'extréme gauche. On en est loin.

Publié dans Politique france

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Laugenbrötchen 13/10/2006 20:24

Bonjour, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous sur le raisonnement mais je vous rejoins sur la finalité, à savoir la nécessité pour le PS notamment, de s'allier avec d'autres partis démocratiques pour contrer les extrêmes (de droite comme de gauche), et je pense plus particulièrement à l'UDF.
 

 
Pour ce qui est de la situation en Europe et notamment en Belgique et en Allemagne, il ne faut pas oublier la particularité des cultures politiques de ces pays ainsi que leur mode de scrutin: la Belgique est une démocratie marquée par le consensus et le compromis. Le scrutin proportionnel est en vigueur ce qui conduit par ailleurs les différents partis à "coaliser" pour pouvoir disposer d'une majorité. Ainsi, les coalitions entre PS et Libéraux du MR, ex-sociaux chrétiens du Cdh ou autres partis démocratiques sont motivées par la nécessité de faire émerger une majorité et non pas par la danger de l'extrême droite (Anvers est la seule exception où une coalition de tous les partis démocratiques (cordon sanitaire) a été rendue nécessaire pour contrer la prise de pouvoir du Vlaams Belang dans la ville. (d'ailleurs, la menace est désormais passée, puisque le SPa est désormais le premier parti de la ville devant l'extrême droite!)
 

 
En Allemagne, ce n'est pas la menace de l'extrême gauche qui a conduit à une grande coalition mais simplement le fait que ni le SPD ni la CDU n'ont pu compter sur leurs alliés traditionnels (verts et FDP)pour former une coalition. D'ailleurs, les néo communistes du PDS- die Linke ne sont pas considérés comme un danger par les partis démocratiques qui n'hésitent pas à s'allier avec lui dans certaines régions et villes de l'Est...
 

 
En revanche, la France n'est pas un pays du consensus, mais plutôt de l'affrontement politique. C'est ainsi, malheureusement... le clivage gauche / droite reste très marqué (malgré la perpétuelle insistance à vouloir nier la distinction!) Voilà pourquoi il est si difficile d'imaginer l'idée d'une coalition gauche droite en France. D'ailleurs, je ne pense pas que ce serait une bonne idée de voir le PS et l'UMP gouverner ensemble, le risque de faire progresser les extrêmes est bien présent.
 

 
En revanche, rien n'empêcherait le PS de s'allier à l'UDF. Plutôt que de chercher à rassembler à gauche pour gagner, le PS pourrait peut-être tenter une nouvelle voie et chercher à se rapprocher de l'UDF:
 

 
- Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer une coalition PS- Verts- UDF sur le modèle belge ou italien (dans sa version 2000 sans l'extrême gauche)?
 

 
- Le vieil adage "la gauche doit être rassemblée pour gagner" a certes fait ses preuves, mais il n'a jamais permis à la gauche de conserver le pouvoir... parce que le PS se retrouve à chaque fois otage de l'extrême gauche dans une telle configuration et il déçoit en raison de l'écart entre les promesses irréalisables et le pragmatisme de gouvernement.
 

 
-Si le PS assumait son caractère social démocrate (comme le SPD allemand ou le New Labour au RU), et se rapprochait de l'UDF, il pourrait enfin se libérer de l'emprise de l'extrême gauche et proposer une alternative progressiste et démocrate face à une gauche populiste et à la droite et l'extrême droite. Je suis persuadé que l'électorat de gauche est capable d'entendre un discours autre que celui du "tout à gauche" qui est une tentative illusoire et désespérée et qui n'a jamais fait ses preuves.
 

 
Evidemment, pour cela, il faudrait que le PS évolue, c'est loin d'être le cas, il semble d'ailleurs vouloir reproduire les mêmes erreurs que dans le passé, si tel est le cas, cela conduire peut-être à une victoire électrorale mais suivie d'une proche désillusion, qui accentuera davantage encore la crise politique et la montée des extrêmes...
 

 
penser sur le long terme plutôt que de profiter d'une satisfaction immédiate, le PS devrait accepter une remise en cause profonde, mais il est plus tentant de céder à la facilité...
 

 
M.
 

 

Eric 12/10/2006 20:00

Oui, ça risque de coalitionner dur en 2007.Coalition de centre gauche, de centre droit ou de droite droite droite...Ca ressemble à de la macédoine avec un peu de tout. Ce sera un gouvernement post moderne... avec un président surgi du passé, de toute façon.

borneo 13/10/2006 09:04

Hélas non !Le sens de mon post est qu'au regard de la montée actuelle en France, comme dans toute l'Europe de l'extréme droite (Pologne, Pays Bas etc..), les democrates n'ont d'autres possibilités que de se coaliser. Comme en Allemagne (là, c'est l'extréme gauche issu du parti communiste qui a fait 12 %).Mais en France, la gauche récuse semble-t-il toute idée de coalition vertueuse. Au risque d'ouvrir la porte à l'extréme droite.Autrement dit, la "vrai gauche française",  n'a pas à ce jour  acceptée, ce qu'elle dénonçait  naguére comme  la démocratie  formelle  bourgeoise en opposition  à la démocratie réelle des régimes communistes, comme un bien supérieur commun. En dénonçant toutes alliances éventuelles avec le Centre, elle se condamne sans doute à revivre les événements de 2002.