Edwy plenel peut-il sauver libération ?

Publié le par borneo

Edwy plenel peut-il sauver libération ?

C'est la question que Daniel Schneidermann et Guy Birenbaum posent sur leurs blogs respectifs.
Le plan de Plenel est de transformer Libération en un journal concentré orienté clairement à gauche et de rendre payant l'accés au site web du journal.

 Daniel Schneiderman et Guy Birenbaum mettent Essentiellement en cause la personnalité de Plenel et donc sa crédibilité. On peut aller bien au delà.

C'est un plan qui ne tient pas la route et voici pourquoi.

Parce que les bonnes questions n'étant pas posées, le plan n'y apporte aucune réponse.

Quelles sont ces questions.

L'information a-telle encore une valeur ?
La notion de gauche recouvre-telle une réalité quelconque ?
Les analyses des journalistes et éditorialistes de Libération sont elles d'une qualité transcendente au point de susciter  un achat quotidien ?

L'information a aujourd'hui une valeur nulle. Désolé, c'est un constat. La quasi totalité de l'information émanent de corporations qui l'ont financées et qui disposent de services de relations publiques plus étoffés que les rédactions elles-mêmes, qu'ils s'agissent de groupements professionels, d'entreprises, de Lobbies, d'agences gouvernementales. Ainsi de la récente virée de forces de police dans une cité qui vit une meute de journalistes convoquée la veille pour participer à la campagne du ministre de l'intérieur sur la sécurité. Les professionels, les journalistes sont que l'on veuille bien l'admettre ou non "embeded".

Les rares infos qui échappent à cette régle sont le fait de ce qu'il convient d'appeler des groupes de résistance. A la présence russe en Tchéchénie, au nucléaire, aux OGM. Pour que l'information qu'ils produisent puissent franchir le filtre d'organes de presse sous contrôle, il faut des groupes militants importants en appui logistique.

Prenons un exemple anodin pour démontrer cette régle. l'interdiction de diffusion de la recette du purin d'Ortie. Cette information est partie du Web, relayée par les sites à sensibilité écologique. Mon journal régional vient de diffuser l'information avec quelques 4 semaines de retard.

Non seulement la valeur de l'information est aujourd'hui nulle, et l'existence d'une presse gratuite en témoigne, mais le lecteur est avant tout un téléspectateur ou un auditeur qui posséde l'essentiel du contenu d'un journal avec un minimun de 12 heures d'avance.

Or de ce flot d'information, Plenel veut nous en offrir un condensé dans le nouveau Libération, c'est trés exactement ce que font la presse gratuite, les journaux télévisés et les radios aux espaces formatés. On cherche donc la valeur ajoutée.

Reste le point de vue annoncée :"de gauche".

Cette notion se vide de sa substance de jour en jour. De plus en plus rare sont ceux qui achétent un journal ou un hebdomadaire pour pouvoir afficher cette qualité comme un croyant porte sur la poitrine une croix, une main de Fatma ou une étoile de David. Aprés tout, le Gouverneur de Californie le Républicain Arnold Schwartzeneger est le premier politique américain a mettre en oeuvre les solutions préconisées par les scientifiques et Al Gore. A gauche en France, nous avons Claude Allégre, et bien peu nombreux sont ceux qui souhaitent partager un même label avec le personnage.

La notion de gauche véhiculé par Plenel se résume donc à se focaliser et a se définir uniquement en fonction de la politique spectacle et des quelques stars bientôt éphéméres qui en composent la scéne. Les derniéres élections devraient pourtant avoir alerter les analystes pointus sur le caractére illusoire de cette vision.

La encore a vouloir singer la presse people sans en accepter la substantifique moelle, l'intimité dévoilée, la valeur ajoutée proposée est proche du zero.

Le plan Plenel pour ce qui concerne la version papier de Libération n'apporte donc pas de réponse aux questions évoquées plus haut.

Peut-on dans ces conditions imaginer rendre payant le site web du journal ?


              L'info ?: c'est à plus de 50%, celle disponible sur la plupart des sites concurrents d'information, soit une reprise à peine moulinée des dépêches d'agences. Les nouvelles formules du web 2.0, quelles soient exploités par Yahoo, MSN ou GOOGLE, ou les nouveaux intervenants comme wikio, répondront a terme beaucoup mieux, que les formules à la conception statique que pérénisent des titres aux rédactions figées dans leurs habitudes, aux attentes des internautes.
             
              Les commentaires et éditoriaux des plumes maisons?
             
              C'est oublier la tendance lourde qu'ont bien compris les radios comme RMC INFO et RTL, le commentaire c'est l'auditeur ou le blogeur qui le porte. La notoriété du professionel tient plus a sa capacité à organiser le débat qu'à l'expression quelconque de ses propres sentiments. Malheureusement, L'EGO des grandes plumes de la Presse leur fait peu apprécier l'exercice.
             
             
              Demeure donc une question sans réponse. Peut-on sauver Libération?
             
              A mon sens OUI, mais pour celà, il faut partir du site Web et prendre en définitive le contre-pied des propositions de Plenel. Le journal doit s'élaborer de façon inter active avec ses lecteurs, il faut aller jusqu'à leur permettre de sélectionner les infos qu'ils jugent pertinentes à l'exemple de wikio, il faut les associer au profil des annonces commerciales auxquelles ils sont sensibles, il faut élargir les centres d'intéret, à l'exemple d'un site comme Boing-Boing, il faut leur permettre de choisir parmi les blogeurs, celui à qui on demandera l'édito du jour. En définitive, le journal papier devrait être une fenêtre, un condensé de l'internet, dont une enquête nous révélait qu'il constituait le premier média d'information derriére la télévision.
             
              Bye Bye, Plenel.
             

Publié dans Politique france

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Eric 17/10/2006 09:49

Très bon billet. Je suis en grande partie d'accord."L'information a aujourd'hui une valeur nulle. Désolé, c'est un constat. La quasi totalité de l'information émanent de corporations qui l'ont financées et qui disposent de services de relations publiques plus étoffés que les rédactions elles-mêmes, qu'ils s'agissent de groupements professionels, d'entreprises, de Lobbies, d'agences gouvernementales."Oui, l'info est dévaluée. Mais quand l'info est dévaluée, la bonne info prend tout son sens. Tu cites l'exemple du purin d'ortie, que je ne connais pas.L'info doit tendre vers la vérité. Au sens le plus absolu du terme. Et c'est ce qu'on a oublié aujourd'hui. La vérité n'existe plus. Il ne reste plus que les intérêts. "A qui porfite cette info?" semble la seule chose qui intéresse les producteurs d'infos.Le cas Plenel est intéressant. On parle de lui en citant le discours de personnes qui sont ses adversaires. Retournons à la source de l'information et faisons-nous notre opinion...

borneo 18/10/2006 02:27

Bonjour, Eric, heureux de tes visitesJ'ai sans doute été excessif ou je me suis fait mal comprendre, EricL'investigation, l'enquéte, le dossier fouillé conservent leurs valeur, c'est même essentiellement ce qui peut prétendre être vendu.Voir le Diplo ou Courrier international.Si tu as pu dévéroler le texte de Plenel, publie-le !sinon, l'info concise, basée sur des textes courts, c'est ce que fait 20 minutes. Un gratuit.