La Bible dévoilée sur ARTE

Publié le par borneo

La Bible dévoilée !

Arte a diffusé quatres documentaires sous ce nom les soirées du 24 et 25 décembre en illustration du Livre éponyme de Israél Finkelstein (directeur de l'Institut d'archéologie de l'université de Tel-Aviv) et Neil Asher
Silberman (directeur historique au Ename Center for Public Archaeology and Heritage Presentation de Belgique)

Passionnant.

le site d'Arte nous dit que "Depuis sa sortie en 2002, l’ouvrage est le support d’une révolution dans la vision que nous avons de l’Ancien Testament et l’objet d’une véritable controverse... Il remet en cause l’historicité de récits bibliques, notamment ceux des patriarches, de l’exode et de la conquête de Canaan. Pour les deux scientifiques, ces récits ont été compilés au VIIe siècle avant Jésus-Christ. "

Un autre auteur nous résume les théses du Livre.


"Archéologues, les auteurs confrontent dans l’ouvrage la Bible aux données issues des fouilles et des documents égyptiens et mésopotamiens. Il en ressort que bien des épisodes de la Bible – parmi les plus connus – comme l’errance des Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), l’esclavage des Hébreux en Égypte, l’Exode sous la conduite de Moïse, l’errance de 40 ans dans le désert du Sinaï, la conquête victorieuse de Canaan par Josué, la monarchie unifiée sous l’autorité du grand David, la splendeur de Jérusalem dotée de son magnifique Temple par Salomon ne correspondent à aucune donnée archéologique ou historique et n’ont tout bonnement pas eu lieu !""

Ainsi, la grande migration d'Abraham d'Ur a Aran en Mésopotamie puis vers Canaan
ne laisse t-elle aucune trace mais encore est-elle contre historique, des migrations ayant bien eu lieu mais dans l'autre sens (vers Ur)

 "L’Exode a-t-il eu lieu ? Moïse se dressant face au Pharaon, déchaînant contre lui les 10 plaies d’Égypte, la fuite à travers la Mer Rouge, puis les Dix Commandements révélés au premier des Hébreux sur « le mont de Dieu », ces épisodes bibliques sont parmi les plus évocateurs et les plus significatifs de la Bible. Sont-ils pour autant historiques ? Au risque de décevoir leurs lecteurs, les auteurs affirment : « Nous n’avons pas la moindre trace, pas un seul mot, mentionnant la présence d’Israélites en Égypte : pas une seule inscription monumentale sur les murs des temples, pas une seule inscription funéraire, pas un seul papyrus. L’absence d’Israël est totale – que ce soit comme ennemi potentiel de l’Égypte, comme ami, ou comme peuple asservi. » Ce dernier l'Exode fait peut-être allusion à l’expulsion d’Égypte, bien réelle celle-là, des Hyksos, qui étaient eux-mêmes des Cananéens."
 
 
 "Tout le propos du Livre des Rois est de montrer que seul le royaume du Sud, dans sa légitimité davidienne, a vocation à gouverner l’ensemble des territoires israélites, à partir d’un culte centralisé dans le Temple de Jérusalem. Bien que plus influent, avec de puissantes cités comme Samarie ou Megiddo, le royaume nordiste d’Israël, selon le texte biblique, était voué à la destruction du fait de l’incroyance de ses souverains et de la composition multiethnique de sa population : en 720 av. J.C., les Assyriens détruisent le royaume de Samarie et annexent la contrée. « Le royaume de Juda se retrouva soudain seul, cerné par un monde non israélite. Le royaume ressentit alors le besoin impérieux de posséder un document écrit qui le définît et le motivât. Ce texte, c’est le noyau historique de la Bible, compilé à Jérusalem au cours du VII° siècle av. J.C. » "
 
 
 
 Du côté des athés, le site athéisme France nous fournit une contribution "personelle" de Jean Pierre Chavaz
 
qui nous dit ceci "C’est, semble-t-il, sous l’impulsion du roi Josias que fut initiée la rédaction de la Bible avec le mot d’ordre suivant : doter le peuple israélite d’une identité forte étayée par un passé prestigieux basé sur son Alliance avec le Dieu unique. La Bible ainsi confectionnée, la Torah accompagna par la suite tous les Juifs en exil, tout au long de leur histoire mouvementée. Cela représenta un chantier considérable. Tout n’était pas à inventer car à l’époque de la rédaction, les Israélites devaient avoir des pans de mémoire de leurs passés, l’un fantasmé, l’autre réel. Après la guerre de 1967, les archéologues israéliens ont découvert dans les collines de Juda l’existence, datant du 11me siècle av. JC, de 250 sites ayant abrité env. 45 000 personnes. Etant donné qu’on n’a trouvé aucun ossement de porc sur ces sites – contrairement à d’autres – on présume qu’il s’agissait de l’habitat des premiers Israélites qui se sont sédentarisés lors du déclin de la culture cananéenne. On n’exclut pas que certains de ces premiers Israélites étaient d’origine cananéenne. Les auteurs de la Bible se sont aussi largement inspirés de légendes sumériennes et mésopotamiennes comme par exemple l’épisode du déluge, des plaies d’Egypte de Moïse sauvé des eaux comme le fut Sargon Ier au IIIe millénaire av. JC, etc., etc….
 
"
Voilà pour la thése du Livre.

et la leçon que l'auteur en tire est la suivante:

Tout le monde est d’accord pour affirmer qu’Astarté, Isis et Osiris, Zeus et Héra, Mars et Vénus qui chacuns ont été adorés pendant plus de mille ans sont des mythes imaginés par les hommes d’une époque mais quand on prétend que Dieu, Jésus-Christ ou Allah sont le fruit de l’imagination humaine, les croyants se sentent offusqués qu’on ose mettre sur le même plan Jupiter et Dieu le Père. Selon ces bonnes âmes, la différence réside dans le fait que Dieu lui-même s’est révélé aux hommes comme il est indiqué dans la Bible, l’Ancien Testament pour les chrétiens. On parle alors de religions du Livre, livre sacré qui ne saurait mentir.
ainsi qu'une conclusion "politique" particuliérement stupide: Pour les Palestiniens, la "Bible dévoilée" est susceptible d’ouvrir des horizons nouveaux, car les Juifs ne sont plus en droit de prétendre que la Palestine leur appartient parce que conquise de haute lutte avec l’appui de Jéhovah. Certes, leurs ancêtres vivaient sur ces terres, il y a plus de 3 000 ans, mais ils les partageaient avec les Cananéens, ancêtres probables des Palestiniens.


Mes Reflexions personnelles.


On se souvient d'un premier Roi egyptien ayant voulu imposer un monothéisme autour d'Aton.



         Dieu unique mis en place par Aménophis IV, pour lutter contre les prêtres de Thèbes adorateurs du dieu Amon.

Ce dieu aura une existence très brève, en effet, dès 1350BC, ToutânkhAton reviendra au culte d'Amon et changera son nom en ToutânkhAmon.

Il est représenté sous la forme d'un soleil dont les rayons sont terminés par des mains. ( Remarquez que la "main" de DIEU est l' élément "physique" omniprésent dans le texte biblique)

À l'origine, nom du disque solaire, puis nom choisi par le pharaon Amenhotep IV (XVIIIe dynastie, vers 1350 avant notre ère) pour promouvoir une réforme religieuse visant à imposer le dieu unique Aton au détriment des autres dieux égyptiens, et notamment du dieu Amon et de la personnification du soleil, Rê. Mise en œuvre avec intolérance (les noms des autres dieux furent effacés des monuments officiels, et leurs prêtres persécutés), cette réforme radicale fut appuyée par le changement de nom du pharaon (devenu Akhenaton) et par la création d'une nouvelle métropole, Akhetaton. À la fin des dix-sept ans de régime d'Akhenaton, une réaction menée par ses successeurs (Toutankhamon, et surtout Horemheb) aboutit à la disparition de cette religion trop brutalement imposée. Première tentative connue de monothéisme, la religion d'Aton nous est parvenue par des hymnes d'une grande élévation spirituelle, et par un art très particulier, qualifié d'" amarnien " (de Tell el-Amarna, nom arabe de la ville Akhetaton).

Les auteurs de la Bible dévoilée nous indique que le texte biblique cite 750 fois l'Egypte lorsque on ne trouve qu'une seule fois le nom d'Israel dans les nombreux textes Egyptiens. Et si, une partie de la tradition biblique venait effectivement d'Egypte ? On sait que tout l'appareil religieux mis en place par Akhenaton, mais aussi sa cour, la maison royale (esclaves, serviteurs),firent l'objet d'une répression féroce quand fut rétablit la religion traditionelle autour d'Amon-Ra, le Dieu destitué par ce pharaon. Une partie de ces gens émigrérent-ils vers Canaan ?  (Dans ce cas les dates concorderaient).

Peut-on imaginer que ceux qui quittérent l'Egypte n'étaient pas encore "devenu" juif, ce qui rend difficile leurs identifications ? Furent-ils comme les Mormons, une communauté religieuse en fuite issu du culte d'Aton?, sans aucune homogénéïté raciale ? Ce qui pourrait expliquer l'existence des Falashas. Sigmond freud établissait quant à lui ce lien.

Enfin quelque soit, le coup théologique porté par le Livre "La bible dévoilé" aux orthodoxes juifs, on ne saurait oublier qu'un grand nombre de savants religieux y lisent de toute façon "autre chose" que ce que le récit prétend dire en clair. La Kabale, devenu la récente passion de Madonna, illustre cette école, auxquelles de nombreuses sociétés "philosophiques" se rattachent aussi.

C'est ainsi que l'on trouvera maints mesureurs des dimensions de la grande pyramide qui y retrouvent au choix les nombres du Livre Saint ou la distance de la Terre à la Lune, c'est selon ...... le public de Gogos visés. Et sans que l'on ne puisse totalement exclure que les maitres de l'Art architectural n'aient trouvés là un moyen de transmission à la fois secret et public de leur science.

On ne peut qu'être dubitatif sur le symbolisme nazi: la Svasiska, en réalité un disque solaire ou brasier rituel et la marche au pas de l'Oie, les deux représentations du Dieu Amon.

Mais je m'égare.

Il faut d'abord considérer qu'un culte est à cette époque bien plus qu'aujourd'hui le vecteur de la richesse économique.
Les dates des cultes, les lieux de cultes sont l'occasion de concentrations populaires autour desquelles s'organisent la vie économique: parallélement aux cérémonies religieuses se tiennent les marché aux troupeaux, aux esclaves, se négocient les chantiers auprés des compagnies d'Artisans, s'adjugent les récoltes stockées dans les magasins d'Etat.

Quand Joshua prend en charge la destiné du culte dans son Royaume, précédant de quelques mille ans, l'empeureur Constantin pour ce qui concerne la légalisation et l'officialisation du christianisme, il impose la fermeture de tout autre temple et de toute autre forme de réunion religieuse dans toutes les villes autres que sa capitable Jérusalem.
 le lieu unique du Culte et par conséquent, le lieu du marché unique. Et il transforme ainsi sa capitable Jérusalem, aimable bourgade, jalouse de Samarie, capitale du riche royaume voisin d'Israél, en une ville prospére.
Il ne faut donc pas s'étonner de voir Jésus plus tard, même si l'épisode est peut-être lui-même légende, chasser les marchands du Temple, dans la mesure ou l'activité religieuse est étroitement liée à la prospérité économique et donc à celle du Prince.

Dans notre société moderne, abstraction faite des pélerinages encore en activité (Bénarés, Rome, La Mecque) les seuls événements marchand d'une ampleur comparable sont les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de Football.

Quant à la classe des prêtres je ne m'interdis pas d'y voir la forme ancienne de communication du pouvoir prés le peuple, c'est à dire le rôle que remplissent aujourd'hui Télévision et Radio. Foi de pataphysicien.

Publié dans Culture

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