Nos candidats et nos mensonges, récoltons demain ce que nous avons semé

Publié le par borneo






















        Inutile de se leurrer, aprés un an pratiquement de campagne électorale (5 ans pour Nicolas Sarkosy), une ou un menteur sera porté à la tête de l'Etat.

        C'est la nature même d'une élection de tenter de faire prendre aux électeurs des vessies pour des lanternes. Si la gauche parait si peu sûr de l'emporter alors même que les électeurs ont toujours joués l'alternance depuis 1981, c'est sans doute qu'elle a beaucoup mentie pour conserver son unité de façade.

         Les uns auront torpillés la Constitution Européenne pour se batir une stature de révolutionnaires à peu de frais, inventant un Non de gauche qui en fin de compte n'aura réussi qu'à rendre le discours xénophobe plus audible.

C'est que l'extréme gauche si elle désigne un réel adversaire sait aussi qu'il est hors de sa portée, les multinationales qui livrent Cuba ou le Zimbawe le font simplement au double du prix du marché et se font payer comptant, la belle victoire !

        . L'Europe fut donc choisie comme une victime par substitution et monsieur Blair vient une nouvelle fois de s'en féliciter au cours d'une rencontre avec son homologue néerlandais nous rapporte ce matin la presse.

         Les autres acteurs de la gauche, des verts au PS auront fait mine d'utiliser ce même vocabulaire révolutionnaire pour masquer leur refus d'admettre la nature réformiste et seulement réformiste de leurs combats.

En face, la droite aura tenu paradoxalement un langage plus proche de ses convictions.

Jean Marie Le Pen n'a pas changé. Il demeure l'authentique admirateur des régimes qui ont ensanglantés l'Europe naguére, la seule limite à son discours tenant à la nécéssité de ne pas tomber sous le coup de la LOI.

D'une certaine maniére, si la promesse  électorale, la manifestation compassionelle du candidat pour l'électeur est la clef du succés politique, le mensonge ne peut conduire qu'à l'échec. (Le je ne suis pas socialiste de Jospin).

Les candidats ont tendance à parfois confondre les deux ! C'est la chance que Nicolas Sarkosy aura offert à ses adversaires.

Il aura beaucoup promis, c'est une stratégie, et beaucoup  menti. (J'ai changé !) Plus que la gauche ?  telle est la question.

Suivant  ce qu'en aura perçu l'électeur, Nous devrons subir demain le régime implacable du libéralisme néo-conservateur aveugle ou les tatonnements du réformisme pragmatique.

C'est le paradoxe, aucun des programmes,  le néo-con  du  candidat de l'UMP ou  le crypto  révolutionnaire  qui  unirait  la gauche Alter  au  PS n'a une chance d'être  appliqué  sans  déchirer notre pays et ruiner  son unité .


        François Bayrou de son côté aura non sans ambiguïtés  tenter  de faire vivre  un programme sans grande innovation  mais qui est  le  seul  réaliste  du point de vue des classes moyennes  "à leur compte" que  la mondialisation lamine.

        Mal soutenue par un parti déchirée en profondeur mais qui persiste à croire que dans le double langage réside ses chances électorales, la candidate socialiste aura résisté autant que faire se peut et déveloper un authentique schéma réformateur à la scandinave qui puisse offrir une perspective aux classes moyennes salariés sans ignorer les couches les plus défavorisées et les plus fragiles de la société..

     

        Or, bien des doutes demeurent pour chacun de ces candidats de la raison et du parler vrai, sur la façon dont ils parviendraient à mener à bien la mission qu'ils se sont assignés face a deux camps extrémistes qui ne révent que d'en découdre. Et on le sait, c'est le peuple toujours enrolé et galvanisé par des tribuns éloquents qui finit en chairs à canon dans ces guerres civiles.

         La voix de la sagesse ne recourt pas aux envolées lyriques. Je vois dans
les performances oratoires perçues comme décevantes d'un ancien bégue, et d'une fragile candidate au ton hachée, la promesse d'un temps plus apaisé.

       Si à propos de Bayrou ou de Royal, l'électeur pouvait simplement dire "c'est clair". Nous aurions sans doute moins d'appréhension à l'approche du scrutin.

       Ce serait la seule vrai rupture en politique depuis presque 30 ans.





Publié dans Politique france

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