Le Grenelle de l'environnement fera plus d'un cocu !

Publié le par borneo

                Soyons clair comme nous y inviterait un ancien premier ministre socialiste, nous ne pouvons que nous réjouir du processus de prise de conscience écologique,  consenti  par Nicolas Sarkosy.  Si notre président parvient à se démarquer de son mentor le Texan Bush sur la question de l'environnement gardons nous de tordre le nez.
                Cependant, il faut bien convenir que les débats auront opposés trois acteurs  biens  définis: le  gouvernement, qui par un biais  ou un autre  poursuit deux objectifs : trouver dans la norme écologique une forme de protectionnisme à opposer à la mondialisation, et par un biais ou un autre combler l'abyssal déficit dans un surcroît d'activité et quelques nouvelles taxes bien dissimulées.
                   Les grands groupes convertis à la conviction que l'excellence environnementale  se conjuguent désormais avec croissance, monopoles et profits et les activistes traditionnels de cette grande cause, fervents partisans dans leur majorité de l'idéologie de la décroissance.

                   Le citoyen lambda n'aura Guerre ( salut Bernard K.) eu l'occasion d'exprimer son opinion. Ce ne sont pas les débats locaux réunissant moins d'un millier de participants très initiés qui devraient changer grand chose à cette situation.

                   Si quelques mesures mériteront sans Doutre (..Blazy) d'être saluées sans restriction, l'annonce d'une limitation de  vitesse de 10 km/h supplémentaire est  exemplaire  de l'impasse de la démarche.

                   Outre qu'il s'agit de marquer psychologiquement le citoyen par  une mesure "punitive"  contraignante,  elle permet d'abonder les radars tout en donnant un gage sans frais aux militants de la décroissance.

                     C'est en effet une mesure "décroissante", en ce sens qu'elle décourage sans doute quelques déplacements accessoires sans grande conséquence: le week-end en Perigord à 80, 70 ou 60 kms/heure devient nettement moins attractif que le vol vers Marrakech et des pratiques comme l'entretien d'une équipe de vrp et de voyageurs de commerce par les entreprises quand un site web bien conçu peut s'y substituer.

                      C'est une mesure par ailleurs d'une grande stupidité au regard des économies d'énergies et de la sécurité routière. 80 km/heure dans l'ascension du Tourmalet nécéssite une voiture puissante et quelques notions de pilotage sportif. Sur les routes désespérément plates des Landes, c'est au contraire l'assurance de devoir recourir à un rapport plus court de la boite de vitesse. 90 km/heure en cinquième consomme assurément moins de carburant sur la plupart des véhicules dont la boite de vitesse a été étagé en conséquence que 80 km/heure bloqué sur le quatrième, voir le troisième rapport.
                      Et pourquoi limiter de la même manière l'utilisateur de 4*4 et celui de véhicule hybride ?

                      Désormais dans de larges zones péri urbaines, les limitations dissuasives et sans réelles justifications de 30 KM/h, 50 km/h, voire 70 KM/H sans réelles alternatives de transport en commun rendent la recherche d'emploi hors de sa zone de résidence sans intérêt.

                      Si l'on souhaite réellement réduire le gaspillage un gisement nettement plus productif réside effectivement dans l'étalement des horaires de travail et d'embauche, à la carte. La semaine de quatre jours que nous promet l'éducation nationale nous assure au contraire de quelques embouteillages supplémentaires

                      Il semble d'ailleurs que l'on pourrait étendre  l'affichage du coût de chaque produit en termes de consommation de co2 aux travailleurs. Dans les entreprises un salarié pouvant utiliser un transport collectif se verrait ainsi attribuer une priorité d'embauche sur le pauvre bougre issu de sa campagne lointaine.
                     

                      Ainsi  la mesure apparaît comme le dénominateur commun entre les décroissants qui imaginent chacun travaillant un minimum d'heure pour satisfaire ses dépenses incompressibles, et cultivant son jardin de patates bios le reste du temps et les grands groupes bétonneurs qui nous imaginent vivants dans des villes nouvelles composées de grandes tours autonomes et environnementalement correct, solutions radicales  à la limitation des déplacements.

[maj du 12 /10/07 . La commission Attali pour la croissance propose "
La commission envisage aussi la création d'une dizaine d'«Ecopolis», des cités modèles, technologiques et écologiques d'une taille de 50.000 habitants, créées de toute pièce qui n'utiliseraient que les technologies les plus innovantes et  respectueuses de l'environnement en matière de construction et de communication.

Ces «Ecopolis» ne seraient plus des villes-dortoirs mais constitueraient un laboratoire écologique et de la «mixité sociale», selon le rapport. ]

                    Les retraités qui n'ont aucune justification économique à leurs pérégrinations devraient pour leur part être regroupés à proximité des centres de soins limitant par là le bilan carbone des SAMUS, les délinquants notoires assignés non loin des centres de détention !

                   En réalité, rien n'est simple. Chaque immeuble, chaque citoyen, chaque entreprise est un cas particulier : il convient de proscrire le chauffage au bois, producteur de fumées nocives en agglomération et de l'encourager en zone rurale. Toute législation universelle se révélera assurément contre productive, c'est pourtant à partir de ce mauvais exemple que le gouvernement entend lancer son plan ambitieux. Mauvais présage !

                   La limitation de vitesse nouvelle se révèle être la mesure cache sexe qui focalise l'attention de la presse, de l'opinion et des .. blogueurs, tandis que se négocient par ailleurs les vrais enjeux économiques et politiques.

                La mesure n'affectera pas outre mesure ceux qui signeront l'arrêté comme l'a révélé une fois encore l'enquête d'Auto plus piégeant les déplacements de nos ministres hors de toutes limites.

                Ce coup médiatique cependant a un coût, ne le négligeons pas,  quelques millions de panneaux  à remplacer  sur le bord de nos routes a 500 euros la substitution effective,  quand  la technologie  permet  d'envisager  une signalétique  interactive sur les seuls sites les plus accidentogènes  permettant de mieux réguler la limitation de vitesse avec les conditions de circulation  : pluie,  jour, nuit, encombrement de la voie, directement connectée aux gadgets GPS de plus en plus embarqués dans nos véhicules.

                   Et puisqu'il faut bien confronter la théorie au concret, soit à l'exemple micro-économique à raz les pâquerettes, en voici l'illustration:  Souhaitant paver notre chemin d'accès, nous avons comme vous l'avez sans doute fait de votre coté pour acquérir le frigo américain de vos rêves ou l'écran plat de tv en vue de profiter au mieux de la coupe du monde de Rugby, fait le tour des grands distributeurs de notre région. Seul l'un deux qui dispose pourtant de deux établissements publie en ligne son catalogue.

                     Les trois cents kilométres parcourus en définitive pour comparer les offres nous auront permis une économie d'environ 50% sur une facture conséquente.  Ironiquement  sur la base d'une promotion "magasin" non publiée sur le site web du seul distributeur offrant  pourtant  la totalité de son catalogue  aux internautes. 
                   Ainsi donc, l'obligation de transparence tarifaire et de publication sur la toile ( et pour les artisans de leurs plannings ! ) serait de nature à économiser largement plus de ce maudit carbone qu'une mesure de limitation de vitesse.

                     

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