l'opposition ne fait pas de détail

Publié le par borneo

            Cette affaire des tests ADN est en tous points grotesque. La plupart des observateurs ont bien voulu en convenir.
            Le député Mariani, auteur de l'amendement, est en concurrence  sur ses terres électorales avec le FN et n'entend pas se faire déborder sur sa droite, pas plus que le gouvernement et bon nombre des parlementaires de sa majorité. Il s'agit de prouver un activisme de bon aloi sur le front de l'immigration clandestine.
             Mais au fond la mesure risque la censure du Conseil constitutionnel et devant les réticences républicaines vient d'être largement édulcorée. Pas suffisamment cependant, puisque en fin de compte, elle établit une discrimination entre l'enfant adopté et le fils légitime.

             C'est pourquoi sur ce plan, le gouvernement est sur le reculoir. Notre premier ministre en évoquant une question de détail entendait surtout minimiser la portée du renoncement auquel il avait bien fallu consentir.
            
              C'est a ce moment que la gauche est venu lui faire le plus beau cadeau que l'on  pouvait imaginer. Assimiler le détail dans la LOI de l'amendement Mariani au détestable détail de l'Histoire de Mr le Pen a propos de la Shoah. Tout en soulignant comme le faisait Serge Faubert sur son blog que le décent Monsieur Fillon ne pouvait être suspecter d'aucune vilenie.

             S'il est une explication de la défaite cuisante de la gauche, c'est outre le sectarisme de chapelle qui caractérise la plupart de ses purs militants, la propension de s'ériger en donneurs de leçons de morale.

             Dans un monde qui nous parait justement en manquer diantrement, et l'affaire EADS,  aprés  ELF, le crédit lyonnais  et foultitude  d'autres  conforte  sans doute  nos concitoyens  dans le sentiment du "tous pourris."

              Il semble donc que  toute parole, tout  discours moral se retourne contre celui qui le tient, le Dalai-Lama mis à part, peut-être.

                Et cette leçon-là est tellement fragile, fruit d'un amalgame osons le mot odieux entre les conditions de contrôle de l'immigration clandestine et la Shoah qu'il obére tout le travail de prise de conscience du danger du recours aux tests génétiques  à tout propos comme s'il s'agissait d'une simple prise d'empreintes digitales.

             L'ouverture voulu par le président Sarkosy obligeait la majorité à entendre nos objections, à convenir de son aventurisme.

                La polémique nouvelle outre qu'elle masque mal l'absence d'accord politique au sein de l'opposition sur la question de l'immigration ne favorise pas une réflexion sereine et nous menace bien au contraire d'une surenchère au détriment des plus fragiles au sein de notre société.

Publié dans Politique france

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