Avant le débat entre Ségoléne Royal et Nicolas Sarkosy, résumé de quelques brins de petites choses que nous avons cru apprendre.

Publié le par borneo



Tout a commencé, nous avons la mémoire courte avec deux vieux acteurs du théatre d'ombres, le Président sortant malgré les atteintes de l'Age et son ancien premier ministre d'opposition, malgré la raclée que lui avait infligé l'électorat, s'essayant à poser les chausses trapes qui devaient écarter de leur chemin les barons trop ambitieux.

         Il leurs fallut vite déchantés, au constat que tous les avaient déjà disposés dans la tombe et que chaque mouvement de leur part ne faisait que tasser un peu plus la terre qui devait les étouffer.
         
         Les dernières pelletées à peine balancées, celles que l'on accompagne d'une rapide oraison, les prétendants vont enfin descendre dans l'aréne pour l'ultime joute qui décidera de l'attribution du siége si convoité.
         
         Nous pouvons bien admettre avoir appris deux ou trois choses de cette formidable campagne. La cinquième République qui instaure l'élection du Président de la République au suffrage universel que d'aucuns souhaitaient supprimer aura été plébisciter par le peuple une nouvelle fois. Le taux de participation record du premier tour l'aura établi.
         Elle permets de mettre en scène les acteurs, d'assurer la publicité de toutes les conjurations, de voir les cartes que les forces sociales détiennent et qu'elles s'apprètent à jouer sans paravents.
         Le ralliement sans faille des cours des deux précédents monarques au prétendant légitimiste fut ainsi illustrée d'une lumière crue. La détermination des privilégiés à ne rien céder, à ne concéder aucune nuit du 4 Aout au Tiers Etat s'affirma sous nos yeux de la plus formidable manière.
          Ainsi l'Histoire s'écrivait et s'expliquait aussi. Monsieur Bayrou en La Fayette ne parvenait pas à arracher au vieux ROI, un quelconque soutien à la Réforme, et les descendants de Thiers affichaient leur volonté intacte à mater la révolte des canuts.
         Les révolutions démocratiques, celles qui passent par les urnes, ne se font pas sans une certaine complicité à l'intérieur de la classe bourgeoise pour la cause du Peuple et par quelques ralliements opportunistes du côté des Princes de cour dont le crédit auprés des financiers aurait été déclaré épuisé.
          Il n'en fut cette fois rien, jusqu'aux petits Marquis des médias qui s'excitaient mutuellement devant l'effondrement des derniéres organisations de la classe laborieuse. Jusqu'à Michel Onfray, Philosophe indigne qui décelant  Néron sous le futur président se réjouit par avance de voir Rome brûler et dénonce sans détour l'intervention préventive des pompiers.
         
         Le Peuple fut jugé inapte au gouvernement pour avoir confié son sort à une  Royal Gueuse qui telle les Jeannes, Hachette ou d'Arc, promettait de rétablir les libertés et de conforter les franchises, de bouter hors du royaume l'anglo saxon auquel le prétendant Sarkosy venait à peine de promettre les clefs et de jurer allégeance.
         
         Le cynisme de cette époque parvint à son paroxisme, lorsque parvenus et obligés, financiers et courtiers, propriétaires et clercs, affirmèrent que tout valait mieux qu'une libération même partielle du diktat qu'imposait l'argent et qu'à tout prendre le régime de soumission de naguère s'était révélé en fin de compte très supportable. Ne partagions nous pas avec l'occupant les mêmes valeurs de la Croisade. N'y avait-il pas eu dans ces batailles quelques riches pillages offerts aux combattants qui acceptaient de s'enroler, quelques dépouilles à se partager selon la loi de la guerre ?
         
         A l'Aube du débat, c'est bien à la mise à mort orchestrée de nos réves et de nos espoirs, ceux nés au cours d'une révolution mimmée, à laquelle nous sommes conviés. La fin du règne de la femme libérée avant même son avènement, la fin d'une organisation sociale librement consentie, la fin de la République des peuples alors que l'on nous invite à nous préparer a l'affrontement final du bien et du mal dans le choc inévitable de civilisations millénaires et antagonistes.
         
         A l'Aube de ce débat, je sais aussi que mon bulletin aussi dérisoire acte de résistance qu'il soit, ne fera pas défaut.

Publié dans Politique france

Commenter cet article